Prenant un dernier souffle, il s'élança à nouveau
Il ne savait guère où il en était
Encore moins où son combat aller le mener
Mais il fallait en cet instant qu'il s'élance
Corps perdu dans une bataille où personne ne gagne
Une guerre frénétique peuplée d'hérétiques
Une lutte infernale au cœur du mal
Qu'avait-il en tête pour s'entêter à foncer tête baisser
Dans le baiser d'une mort sans retour!
Qu'avait-il donc à prouver à trouver
Victoire sans gloire au sommet d'une montagne
De chair? Il n'avait guère les compétences
Incompétent face aux cons pédants
Seul confident d'une vérité branlante
Torturé par le savoir de son histoire
Aucun remède. Seul au seuil de la mort
Il n'avait cure d'avoir tort!
Il avait tort d'avoir pu
Un jour seulement goutté au sacrifice
Celui des chairs d'antan, des effluves du temps
De l'union tentante du fantasme meurtri de son utopie
Il était las d'être là, mais son œuvre mettait bas
Naissance d'une philosophie morbide
Qui n'avait que faire de son affaire
Que faire de son passé, perdu en une triste réalité
Il voulait s'éveiller, s'émerveiller
Recommencer sans fin la bataille
Trouver toutes les failles et perdre
Enfin la mise pour qu'il s'en aille
Immuable son esprit toujours lutterait
Passant de corps en corps, de tort en tort
Idéologie nécrotique troublée d'un péché du passé
Prenant le pas sur son corps
Il avait tort d'y croire
Son salut n'en était guère un
Le son la guerre gagnait du terrain
Les corps jonchaient l'horizon
Sa vision s'effondrait, il n'avait plus de choix
Que celle de porter sa croix
Il fallait avancer avant ça
Car sa croix n'était guère son choix
Il subissait, se brisait
S'esquinter à trinquer chaque victoire
Chaque déboire, pour revoir le doux souffle de la mort
Piégé dans les ténèbres abstraites des traits de détresses
Pris au cou par le stresse des lignes qui se tracent
Du temps qui s'efface et des joies qui trépassent
Il n'avait que cela pour se sentir vivant!
Sentir les lames traverser son corps
Sentir le coup du destin lui prendre la main
Sentir la douce voix éphémère des ailes venues le chercher
Aux sons des mélodies, sonnait son utopie
Ubuesque sortie de secours, qu'il cherche en détours
Osons le jeu infini, sonnons la fin de sa vie!
Laissons-le crier au secours
Qu'il cherche enfin son retour
Le retour à la vie, lavé d'un nouveau jour
Un jour plus noir encore
Que celui qui marqua le début de la guerre
Au son du diapason de sa trahison, l
Es cors de guerre naguère auraient joué!
Mais il n'était plus enclin à clamer victoire
Guère plus à continuer de lutter pour ses idées
Son idéal l'avait fui, tel l'animal apeuré
Il se retrouva à nouveau seul
Seuls les sons de son cœur
De ses mœurs et morts étaient là
Torturant son esprit au dépit de sa vie
Ses désirs font désordre!
Destructeur à son heure, son esprit
Capharnaüm ordonné d'une idée malmenée
N'était plus en l'état d'être là
Perdu dans la dérision des visions
Dans l'imagination une solution
Ce refuge qu'il refuse à l'idée de se lier
Mais lié au lie qu'il voit tous les soirs au fond de son verre
Perdu dans ses pensées, il fuit la réalité
Se détruisant, médisant, il savait qu'il devait arrêter!
Mais la vérité était dans cette réalité, qu'il ne pouvait
Accepter. Ainsi chaque jour reprenant vie et lames
Oubliant lit et larmes, il se jetait à tort
À corps perdu dans le vacarme des armes
Il ne savait toujours guère ce qu'il y cherchait
Mais il ne pouvait résister à l'envie d'y aller
Telle la mélancolie d'une mélodie
Que l'on ne pourra jamais oublier
Même en s'y efforçant jour après jour
Cet homme, perdu, lassé de tout, avait déjà bien vécu
Mais jamais il n'arrêtera de lutter pour son salut
Frappant et frappé, perdu et piégé
Dans les méandres de son âme