Avalé par un cachalot glouton,
Me voilà dans un saloon envoûtant.
Je n'suis pas là pour soulever des croupions
Mais j'vais sans doute m'y saouler en gloussant.
C'est assez cocasse, dans le ventre de ce cétacé vorace,
Cette bande de vieux rescapés coriaces n'est pas très loquace
Mais j'crois que leur chemin est pavé d'audace.
Je voudrais faire plus ample connaissance.
Moi qui trouvais ma vie sans consistance,
Qui me comportais comme un tire-au-flanc,
J'ai gagné ce concours de circonstances.
Du coup ce soir, j'me lâche Ouuuh ouuui !
Au chaud chez moi sous mon plaid sans complexe,
Pour me faire sortir faut des forceps.
Mais coincé dans ce bar, je décompresse,
J'vais m'dévergonder, dompter mon stress.
Y a les idoles de mon enfance,
Les ignorer serait une offense.
J'aimerais leur faire quelques offrandes
Mes dents de lait, du jus d'orange,
Mes biscuits en forme d'animaux,
Ma liste des plus beaux gros mots,
Mes tortues ninjas, mes robots,
Histoire, câlin et au dodo.
C'est bien trop beau pour être faux.
Il est trop tard pour prendre l'eau.
Dans ce bar rempli de barjos,
La folie n'est pas un fardeau.
J'aurais pas voté pour
Mais ça vaut le détour.
Ça me donne envie de boire, de prolonger mon séjour.
Le poker, j'y connais rien mais j'ai le sourire du joker
Et plus le spleen baudelairien.
Au chaud chez moi sous mon plaid sans complexe,
Pour me faire sortir faut des forceps.
Mais coincé dans ce bar, je décompresse,
J'vais m'dévergonder, dompter mon stress.
Allez, on s'motive quoi.
On fait preuve d'un peu d'entrain
Et tous ensemble, on
Tape, tape, tape des mains !
Tout le monde
Tape, tape, tape des mains !
Encore,
Tape, tape, tape des mains !
Plus fort,
Tape, tape, tape !
Pinocchio bluffe ça se voit mais je ne me moque pas. Cléo se noie dans un tout petit bocal de vodka. D'habitude, je bulle comme un chewing-gum
Là je rêve d'un beach-volley avec Wilson.
Et de boire un p'tit cocktail avec la p'tite sirène
Qui est aussi borgne que pompette
Mais s'apprête à péter un câble car le capitaine Achab
Lui fait du pied sous la table
Et sans que cela ne l'accable, Poséidon triche en
Regardant sur son trident,
Le reflet de leurs cartes tout en sifflant ;
Bob lui doit de l'argent. Il éponge ses dettes.
La créature du lac noir surveille ce bordel
Comme un proxénète.
Jack Dawson se réchauffe, a commandé des gaufres.
Quelle affolante débauche ! Y a que des alcoolos et des beaufs Qui n'pensent qu'à boire des coups, parler tout bas
Des outrages des pirates
Et des coups bas des rats d'égout.
Le pianiste regrette son orgue, rien d'étonnant,
Ici rien n'est aux normes.
Je les avais idéalisés, j'suis déstabilisé
Comme ceux qui découvraient
La voix des stars du cinéma muet.
Faut qu'j'tourne les talons
Sinon j'vais trouver le temps long,
Vouloir accrocher du sent-bon
À la moustache du baron.
Ouais, faut qu'je me casse quoi